| REGION | ||
| HAUTE-NORMANDIE | ||
Version 2.2
Janvier 2008
SOMMAIRE
1 INTRODUCTION...........................................................................................................4
1.1 OBJECTIFS ET PERIMETRE DE L’ETUDE ...............................................................................4
1.2 LES PARTIS PRIS METHODOLOGIQUES.................................................................................5
2 LA « GRANDE NORMANDIE », UN CHANGEMENT D’ECHELLE..............................7
2.1 UNE TAILLE CRITIQUE SIGNIFICATIVE MAIS EGALEMENT UNE ADDITION DE FRAGILITES............7
2.2 UN NOUVEAU POIDS LOURD BUDGETAIRE ET ADMINISTRATIF ..............................................22
2.3 UN TERRITOIRE ACTUELLEMENT PEU INTEGRE...................................................................42
3 LA FAISABILITE DE LA FUSION AU REGARD DES STRATEGIES ET DES ACTEURS...................................................................................................................57
3.1 DES POLITIQUES PUBLIQUES CONVERGENTES, SANS CONTRADICTION APPARENTE..............57
3.2 DES AVIS DIVERSIFIES DES ACTEURS ................................................................................79
4 LES EFFETS POTENTIELS DE LA FUSION .............................................................87
4.1 DES EFFETS POTENTIELS SUR L’ECONOMIE QUI DEMEURENT GLOBALEMENT MODERES........88
4.2 DES EFFETS DE MUTUALISATION OPERATIONNELLE ET DE COHERENCE STRATEGIQUE POUR LES POLITIQUES PUBLIQUES .............................................................................................96
4.3 UNE ORGANISATION CIBLE PERMETTANT INNOVATION ET PROXIMITE, SANS GAIN MAJEUR D’EFFECTIFS .................................................................................................................131
4.4 LES EFFETS DE LA FUSION SUR LES RECETTES ET LES DEPENSES.....................................144
4.5 LE COUT GLOBAL DE LA FUSION ADMINISTRATIVE.............................................................166
4.6 CONSEQUENCES SUR L’ORGANISATION DE L’ETAT ET L’EMPLOI PUBLIC ET PARAPUBLIC .....181
4.7 LES EFFETS DE LA FUSION ET LE CHOIX DE LA CAPITALE...................................................184
5 CONCLUSION..........................................................................................................192
5.1 SYNTHESE DES EFFETS DE LA FUSION ............................................................................192
5.2 DES EFFETS A PENSER SUR LE LONG TERME : TROIS VAGUES D’EFFETS SUCCESSIFS NECESSITANT DES INVESTISSEMENTS DIFFERENCIES .......................................................195
5.3 UN PROJET QUI S’INSCRIT NECESSAIREMENT DANS LE LONG TERME : UNE PROPOSITION DE FEUILLE DE ROUTE.........................................................................................................196
6 ANNEXE .........................................................................................................................201
5.4 MODELE DE CALCUL DU COUT DE LA FUSION (TABLEAU EXCEL EN PIECE JOINTE)...............201
Évaluation des effets d’une fusion de la Région HauteNormandie et de la Région BasseNormandie
5.5
LISTE DES PERSONNES RENCONTREES DANS LE CADRE DE L’ETUDE.................................201
5.6
LES PARAMETRES EXOGENES DE LA FUSION ...................................................................202
5.7
APPROFONDISSEMENT SUR LA METHODE DES SCENARIOS RETROSPECTIFS ......................205
Évaluation des effets d’une fusion de la Région HauteNormandie et de la Région BasseNormandie
En mai 2004, les deux Présidents des Conseils régionaux de Haute-Normandie et de Basse-Normandie ont saisi les Conseils économiques et sociaux régionaux pour mener une réflexion approfondie sur les “ avantages et les inconvénients des limites administratives des régions Haute-Normandie et Basse-Normandie et sur les avantages et les inconvénients de coopérations renforcées ”.
Suite à cette étude rendue en décembre 2005, les Présidents des deux Régions ont souhaité un approfondissement du travail réalisé. Cette étude complémentaire a été confiée au groupement Ineum Consulting, Edater, Missions Publiques.
Le présent document constitue le rapport final de cette étude complémentaire portant sur l’évaluation des impacts d’une potentielle fusion des deux Régions.
Cette étude part du postulat selon lequel la fusion des deux Régions est effective. L'objectif est de vérifier ou d’infirmer l’hypothèse selon laquelle « une grande région normande sera plus forte que les deux régions actuelles ».
Inscrite dans un contexte politique sensible, cette étude est avant tout technique et opérationnelle. Elle doit :
Au final, cette étude constituera un outil d’aide à la décision pour les décideurs politiques.
Le périmètre de cette étude se limite à la sphère administrative des conseils régionaux mais avec la possibilité d’associer, avec précaution et uniquement dans un but de recueil d’information, quelques partenaires externes (INSEE, Conseils généraux, Agglomérations, Services de l’Etat, experts du territoire…)
Évaluation des effets d’une fusion de la Région HauteNormandie et de la Région BasseNormandie
La méthodologie générale de l’étude reposait sur trois grandes phases distinctes. La première consistait en la réalisation d’un référentiel d’évaluation, la seconde en l’analyse de l’existant et la troisième en l’analyse des effets d’une éventuelle fusion.
Trois grands volets ont été distingués correspondant chacun à une analyse spécifique des effets :
Economie et territoires :
Dans un premier temps l’économie et les territoires de Basse et Haute-Normandie ont été caractérisés puis comparés afin d’identifier les différences et les points communs ou de convergence. Les échanges entre les deux régions ont également été appréhendés notamment au travers d’une analyse des flux de marchandise et de personnes.
Dans un second temps, les économies des deux régions ont été consolidées afin d’obtenir une vue économique de la Grande Normandie.
Enfin les effets macro-économiques d’une « fusion » de ces deux territoires ont été estimés en s’appuyant notamment sur la méthodologie des scénarios rétrospectifs.
Organisation et finances :
Dans un premier temps, les budgets et l’organisation des deux Conseils Régionaux ont été analysés afin de dresser un bilan des situations actuelles.
Ces éléments factuels ont ensuite été retravaillés dans le cadre de la formalisation de scénarii prospectifs sur les différentes formes d’organisation cible envisageables et sur les différentes hypothèses d’évolution des recettes et dépenses des deux collectivités fusionnées.
Par ailleurs, un modèle de calcul du coût de la fusion a été proposé afin d’évaluer le délai de retour sur investissement d’une telle décision.
Politiques publiques :
Dans un premier temps, une segmentation des politiques opérationnelles régionales a été réalisée selon 8 axes : économie, enseignement, formation professionnelle, transport aménagement du territoire, qualité de la vie, environnement et développement durable, international. Sur cette base, une comparaison des politiques menées en Basse et en Haute-Normandie a permis d’identifier les différences, les points communs et les convergences.
Dans un second temps, un travail de « fiction » a été proposé aux directeurs des deux Régions afin d’imaginer les impacts potentiels de la fusion sur chacun des 8 grands axes de politiques publiques. Ces impacts ont enfin été analysés au regard du choix de l’implantation de la future capitale régionale grand-normande.
Le schéma ci-dessous synthétise la démarche :

Comité de pilotage Comité de pilotage Comité de pilotage Comité de pilotage
Le présent rapport présente les conclusions de notre analyse et intervient à la fin de la phase
2. La phase 3 étant une tranche conditionnelle, elle dépend de la volonté des deux Conseils Régionaux de s’engager dans la fusion et de mettre en place un plan d’accompagnement opérationnel.
Les parties 2 et 3 du rapport, « la grande Normandie, un changement d’échelle » et « la faisabilité de la fusion au regard des stratégies et des acteurs », correspondent aux résultats de la phase 1.
La partie 3 du rapport, « les effets d’une fusion administrative », présente les résultats de la phase 2.
Enfin, la conclusion présente la synthèse de notre analyse et quelques pistes de recommandations.
Note au lecteur : Afin de faciliter la lecture du rapport, les différentes parties du rapport sont toutes structurées de la même manière :
Un paragraphe d’introduction présente la méthodologie d’investigation ;
Les résultats détaillés sont ensuite présentés ;
Une synthèse de l’analyse est enfin proposée.
Évaluation des effets d’une fusion de la Région HauteNormandie et de la Région BasseNormandie
Cette partie propose un état des lieux des situations de la Basse et de la Haute-Normandie et de ce que serait aujourd’hui la Grande Normandie sous trois angles :
2.1 Une taille critique significative mais également une addition de fragilités
APPROCHE METHODOLOGIQUE
Le but de cette approche est de comprendre si la réunion de la Basse et de la Haute-Normandie crée un ensemble de taille critique significative.
Le poids ou les évolutions de chacune des deux régions ont été additionnés à partir d’indicateurs socio-économiques synthétiques. Sur cette base, la Grande Normandie a été systématiquement comparée aux deux régions qui la composent ainsi qu’aux autres régions françaises.
La méthode des rangs a été retenue pour classer les régions entre elles. Elle permet de situer la Grande Normandie sans introduire de pondération particulière.
Un poids démographique incontestable
La Grande Normandie deviendrait le 6ème ensemble démographique régional en France. Elle se placerait ainsi juste derrière le Nord-PasdeCalais et les Pays de la Loire, juste devant l’Aquitaine et la Bretagne. Indéniablement, l’addition des deux régions permet le passage d’un seuil important. La Grande Normandie ferait ainsi partie des grandes régions démographiques françaises.
Évaluation des effets d’une fusion de la Région HauteNormandie et de la Région BasseNormandie
| Classement des régions françaises selon la population | ||||
|---|---|---|---|---|
| 1 2 3 4 5 | Île-de-France Rhône-Alpes PACA Nord -Pas-de-Calais Pays de la Loire | Grande Normandie 6 Aquitaine 7 Bretagne 8 Midi-Pyrénées 9 Languedoc-Roussillon | 10 Centre 11 Lorraine 12 Picardie 13 Alsace 14 Haute-Normandie | 15 Poitou-Charentes 20 Franche-Comté 16 Bourgogne 21 Limousin 17 Basse-Normandie 22 Corse 18 Champagne-Ardenne 19 Auvergne |
Source : INSEE 2005 ; traitement EDATER
Une dynamique en retrait
Toutefois, si l’on observe l’évolution de la population entre 1999 et 2005, les faiblesses des deux régions se cumulent. La Grande Normandie occuperait la 14ème place.
| Classement des régions françaises selon l'évolution de leur population entre 1999 et 2005 | ||||
|---|---|---|---|---|
| 1 2 3 4 5 | Languedoc-Roussillon Midi-Pyrénées Pays de la Loire Aquitaine PACA | 6 Bretagne 7 Rhône-Alpes 8 Corse 9 Alsace 10 Poitou-Charentes | 11 Île-de-France 12 Centre 13 Basse-Normandie 14 Franche-Comté Grande Normandie | 15 Haute-Normandie 20 Lorraine 16 Picardie 21 Bourgogne 17 Auvergne 22 Champagne-Ardenne 18 Nord -Pas-de-Calais 19 Limousin |
Source : INSEE 2005 ; traitement EDATER
La Grande Normandie se présenterait comme un territoire à faible dynamique démographique avec une croissance de la population de 2,2% entre 1999 et 2005 (hausse de population de 2,8% pour la Basse-Normandie et de 1,8% pour la Haute-Normandie).
Cette croissance modeste de la population est largement imputable au phénomène de déficit migratoire commun aux deux régions, qui atteste de leur faible attractivité démographique. Le taux de migration nette de la Haute-Normandie est de -31,3 pour 10 000 habitants. La Basse-Normandie est également déficitaire (-10,2 pour 10 000 habitants sur la période 20002004) mais dans une moindre mesure. Elle appartient à un bandeau trait d’union entre les régions du Nord et de l’Est les plus touchées et le croissant Ouest et Sud du pays dont le solde migratoire des régions est positif1.
1 INSEE 19992004 : enquêtes annuelles de recensement, résultats de la collecte 2004, INSEE Première n° 1028, juillet 2005.
Évaluation des effets d’une fusion de la Région HauteNormandie et de la Région BasseNormandie
Source: INSEE, recensement 1999 et 2004
Pour autant, les difficultés soulignées quant à leur attractivité en font une entité fragile et interrogent sur les politiques publiques qui seraient à conduire pour pallier ces handicaps.
Une population globalement jeune
L’ensemble fusionné se classerait au 6ème rang national pour l’indice de jeunesse de la population2 (avec un ratio égal à 1,24 en 2005), juste derrière Rhône-Alpes3. Cette jeunesse de la population est d’abord le trait de la Haute-Normandie qui se classe 4ème pour l’indice de jeunesse, alors que la Basse-Normandie est 11ème .
Là encore, cette particularité des deux régions renvoie à la mise en œuvre de politiques publiques qui les prennent en compte.
La richesse de la Grande Normandie
Comme pour la démographie, l’addition des deux régions permettrait un passage de seuil important. En effet, l’ensemble représenterait le 6ème PIB4 national – avec près de 70 milliards d’euros5-, se positionnant ainsi entre les Pays de la Loire et l’Aquitaine et devant la Bretagne. Le gain d’échelle lié à la fusion apparaît ici très significatif, puisque pris séparément les deux espaces se situent aux 13ème et 18ème places.
2 Part des moins de 20 ans sur la part des plus de 60 ans. 3 voir en annexes, pour une présentation plus détaillée de la structure de la population 4 PIB (Produit Intérieur Brut) correspond à la somme des valeurs ajoutées produites par les entreprises. Il est l’indicateur le plus généralement utilisé pour offrir une image de la richesse d’un territoire. 5 PIB total 2005, sur la totalité de l’espace interrégional, calculé sur la base des données INSEE 2005.
Évaluation des effets d’une fusion de la Région HauteNormandie et de la Région BasseNormandie
| Classement des régions françaises selon le PIB | |||||
|---|---|---|---|---|---|
| 1 2 3 4 5 | Île-de-France Rhône-Alpes PACA Nord -Pas-de-Calais Pays de la Loire | Grande Normandie 6 Aquitaine 7 Bretagne 8 Midi-Pyrénées 9 Centre | 10 Languedoc-Roussillon 11 Lorraine 12 Alsace 13 Haute-Normandie 14 Picardie | 15 Poitou-Charentes 20 16 Bourgogne 21 17 Champagne-Ardenne 22 18 Basse-Normandie 19 Auvergne | Franche-Comté Limousin Corse |
Source : INSEE 2005 ; traitement EDATER
Ce classement est moins élevé si l’on observe le PIB par habitant. En effet, les deux régions sont marquées par des disparités : 20 800 euros de PIB par habitant en Basse-Normandie, contre 21 860 en Haute-Normandie.
| Classement des régions françaises selon le PIB par habitants | ||||
|---|---|---|---|---|
| 1 2 3 4 5 | Île-de-France Rhône-Alpes Alsace PACA Champagne-Ardenne | 6 Pays de la Loire 7 Aquitaine Haute-Normandie 8 Centre 9 Midi-Pyrénées | 10 Grande Normandie 11 Bretagne 12 Bourgogne 13 Franche-Comté 14 Poitou-Charentes | 15 Auvergne 20 Nord -Pas-de-Calais 16 Basse-Normandie 21 Languedoc-Roussillon 17 Lorraine 22 Corse 18 Limousin 19 Picardie |
Source : INSEE 2005 ; traitement EDATER
L’écart entre les deux régions se lit également en termes d’évolution. Le dynamisme économique du territoire est inférieur à la moyenne nationale : croissance de 21.8% du PIB de la HBASSE-NORMANDIE entre 1990 et 2005, contre 27,6% en moyenne métropolitaine6. La Grande Normandie se situerait ainsi en queue de peloton (15ème) en matière de croissance économique, derrière des régions telles que le Limousin ou l’Auvergne.
| Classement des régions françaises selon la croissance du PIB (1995-2005) | |||
|---|---|---|---|
| 1 Bretagne 2 Pays de la Loire 3 Rhône-Alpes 4 Midi-Pyrénées 5 Languedoc-Roussillon | 6 Corse 7 Aquitaine 8 Île-de-France 9 Poitou-Charentes 10 PACA | 11 Franche-Comté 12 Centre 13 Auvergne 14 Limousin 15 Haute-Normandie | Grande Normandie 20 Alsace 16 Champagne-Ardenne 21 Lorraine 17 Bourgogne 22 Picardie 18 Basse-Normandie 19 Nord -Pas-de-Calais |
Source : INSEE 1995-2005 ; traitement EDATER
6 Calcul du taux de croissance à prix constants, base 2005
Évaluation des effets d’une fusion de la Région HauteNormandie et de la Région BasseNormandie
Un tissu d’entreprises important mais qui a du mal à se renouveler
En nombre d’établissements, la Grande Normandie atteint la dixième position nationale. Le graphique suivant montre que si l’on corrèle le nombre d’entreprises sur le territoire (stock) et la création d’entreprise (flux), la Grande Normandie changerait de catégorie. Sans faire encore partie des régions leader, elle quitterait le peloton de queue, situation occupée par les deux régions prises séparément.
Toutefois, le taux de renouvellement des entreprises (nombre total de créations7 / nombre total d’entreprises) reste inférieur à 10% en 2006 (15ème rang national) et témoigne d’un faible dynamisme économique.
Source : INSEE, répertoire SIRENE au 1er janvier 2004, 2005, 2006 ; traitement s : EDATER
49% des créations d’entreprises sur la grande Normandie sont réalisées dans le domaine des services, 28% dans le commerce et 23 % dans l’industrie.
La Grande Normandie, un poids lourd en matière d’emploi
Les deux régions opéreraient un important changement d’échelle en fusionnant pour devenir l’un des principaux pourvoyeurs d’emplois salariés en France. La grande Normandie totaliserait près de 800 000 emplois salariés, se plaçant ainsi au 6ème rang national, entre les Pays de la Loire et la Bretagne.
7 La création d’entreprise est ici entendue au sens large : création pure, reprise d’activité et création par réactivation. 8 Les résultats présentés à cette section ont été élaborés à partir des données emploi salarié UNISTATIS 2005
Évaluation des effets d’une fusion de la Région HauteNormandie et de la Région BasseNormandie
| Classement des régions françaises en fonction du nombre d’emplois salariés | ||||
|---|---|---|---|---|
| 1 2 3 4 5 | Île-de-France Rhône-Alpes PACA Nord -Pas-de-Calais Pays de la Loire | Grande Normandie 6 Bretagne 7 Aquitaine 8 Midi-Pyrénées 9 Centre | 10 Lorraine 11 Alsace 12 Languedoc-Roussillon 13 Haute-Normandie 14 Picardie | 15 Bourgogne 20 Franche-Comté 16 Poitou-Charentes 21 Limousin 17 Basse-Normandie 22 Corse 18 Champagne-Ardenne 19 Auvergne |
Source : UNISTATIS 2005 -Traitement : EDATER
C’est dans l’industrie que les effets de seuils seraient les plus importants : la région fusionnée deviendrait le 5ème employeur industriel en France totalisant près de 120 000 emplois salariés et quelques secteurs d’excellence (énergie, automobile, industrie des biens intermédiaires, nucléaire).
Sous l’impulsion de la Basse-Normandie, elle deviendrait également la seconde région française pour l’emploi salarié des activités agricoles, la pêche et la sylviculture.
Pour les activités tertiaires, la Grande Normandie fusionnée se placerait au 6ème rang national totalisant 501 000 emplois salariés. Dans ce secteur, elle ne présenterait pas de leadership particulier sur une activité en dehors des transports, pour lesquels elle occuperait
le 4ème
rang national en termes d’emplois salariés (35 500 en HAUTE-NORMANDIE et 14 700 en BASSE-NORMANDIE).
Une faible dynamique générale
Le constat du gain d’échelle doit être nuancé si l’on observe les évolutions du marché local de l’emploi. Les deux régions cumulent des difficultés qu’elles rencontrent en matière de dynamique de l’emploi.
| Classement des régions françaises pour le dynamisme de l'emploi (évolution du nombre d'emplois salariés entre 1995 et 2005) | ||||
|---|---|---|---|---|
| 1 2 3 4 5 | Corse Languedoc-Roussillon PACA Midi-Pyrénées Aquitaine | 6 Bretagne 7 Pays de la Loire 8 Poitou-Charentes 9 Rhône-Alpes 10 Limousin | 11 Basse-Normandie 12 Auvergne 13 Nord -Pas-de-Calais Grande Normandie 14 Bourgogne | 15 Centre 20 Franche-Comté 16 Haute-Normandie 21 Lorraine 17 Île-de-France 22 Champagne-Ardenne 18 Alsace 19 Picardie |
Source : UNISTATIS 1995-2005 -Traitement : EDATER
En effet, entre 1995 et 2005, la Grande Normandie a connu une progression de son volume d’emplois salariés inférieure à 5%, se plaçant ainsi au 13ème rang national, loin derrières les territoires de poids comparable comme la Bretagne ou les Pays de la Loire9.
9 Voir en annexes le graphique de comparaison du dynamisme démographique et d’emploi selon les régions françaises
Évaluation des effets d’une fusion de la Région HauteNormandie et de la Région BasseNormandie
En ce domaine, même si la Basse-Normandie (6,3% de croissance) affiche de meilleurs résultats que la Haute-Normandie (3,9%), toutes deux font face à enjeu commun : le déficit d’attractivité de leurs économies.
Un déficit d’attractivité pour les emplois métropolitains supérieurs
Ce déficit d’attractivité apparaît de manière marquante au travers des emplois supérieur. En effet, ce type d’emploi constitue un indicateur de la présence d’activités à plus forte valeur ajoutée (emplois liés à des fonctions d’encadrement, de recherche et d’innovation), généralement moins sensible à la concurrence par les prix au niveau international.
L’étude10 menée sur ce thème par la DATAR et la FNAU (Fédération Nationale des Agences d’Urbanisme) montre d’ailleurs que ces professions constituent un important moteur de l’emploi et un attribut des grandes métropoles11 . Or, en ce domaine, les deux régions normandes affichent de faibles dynamiques.
Pour apprécier le développement de ce type d’emploi, on peut s’appuyer sur la catégorie des Emplois métropolitains supérieurs (EMS). Ceux-ci ont été créés par l’INSEE pour mettre en évidence les fonctions caractéristiques des grandes villes. Ces emplois regroupent les métiers les plus qualifiés (cadres, ingénieurs….) et les activités les plus performantes (informatique, télécommunication, recherche, conseil et assistance…).
Le rapport réalisé en 2004 par la DATAR et la FNAU (Fédération Nationale des Agences d’Urbanisme) qualifie le niveau de développement des Emplois Métropolitains Supérieurs de faible dans les deux régions normandes.
Pour cet indicateur, la Grande Normandie se retrouve dans le groupe des régions moins développées (Bourgogne, Auvergne), loin des régions avec lesquelles elle rivalise par ailleurs (Bretagne, Centre, Aquitaine). Ce nombre insuffisant de fonctions de cadre concerne prioritairement le secteur privé, mais touche également le secteur public12.
| Classement des régions françaises pour le nombre d’EMS par rapport à la population totale | |||
|---|---|---|---|
| 1 Île-de-France 2 Rhône-Alpes 3 Midi-Pyrénées 4 PACA 5 Alsace | 6 Languedoc-Roussillon 7 Aquitaine 8 Centre 9 Bretagne 10 Nord -Pas-de-Calais | 11 Pays de la Loire 12 Haute-Normandie 13 Lorraine 14 Bourgogne 15 Franche-Comté | Grande Normandie 20 Corse 16 Auvergne 21 Limousin 17 Picardie 22 Basse-Normandie 18 Poitou-Charentes 19 Champagne-Ardenne |
Source : INSEE 1999 ; Traitement EDATER
Il existe toutefois dans chaque région deux domaines où les emplois supérieurs sont bien représentés :
10 Rapport 2004 disponible à l’adresse suivante : http://www.projetdeterritoire.com/SPIP/metropressdatar.php3 11 A ce titre, voir plus particulièrement http://www.observationurbaine.certu.equipement.gouv.fr/IMG/pdf/Senelet_cle2341c2.pdf
Une carte présentée en annexe vient étayer ce point
Évaluation des effets d’une fusion de la Région HauteNormandie et de la Région BasseNormandie
De plus, comme le montre le graphique ci-dessous13, la dynamique de ces EMS est faible dans les deux régions. Leur nombre tend à augmenter moins rapidement que sur la quasitotalité du territoire, en raison notamment du faible dynamisme général du marché de l’emploi.
Source : Rapport DIACT (2004) sur les EMS ; données INSEE, RGP 1990 et 1999 Les deux territoires présentent des profils sectoriels globalement différents. La fusion se traduirait par l’image d’une diversification globale de l’économie. Toutefois, à l’échelle des territoires, la spécificité des secteurs demeure. L’analyse par domaine d’activité montre que la fusion modifierait significativement le positionnement régional de la grande Normandie en France et à l’échelle européenne (énergie, automobile, transports…).
Les activités industrielles : un poids lourd au niveau national
En matière industrielle, la Grande Normandie se classerait dans le groupe de tête des régions françaises :
Valeur ajoutée produite en 2005(millions d'€)
35 000 30 000 25 000 20 000 15 000 10 000 5 000 0
0
Poids des différentes régions dans les activités industrielles (hors île de France)
taille du cercle: part de la région dans la production du secteur d'activité
100 000 200 000 300 000 400 000 500 000
Nombre d'emplois salariés dans le secteur
Alsace
Aquitaine
Auvergne
Bourgogne
Bretagne
Centre Champagne-Ardenne Corse Franche-Comté Ile-de-France Languedoc-Roussillon Limousin Lorraine Midi-Pyrénées Nord-Pas-de-Calais Pays de la Loire Picardie Poitou-Charentes PACA Rhône-Alpes Basse-Normandie Haute-Normandie HBN
Source : INSEE 2005, UNISTATIS 2005 -Traitement : EDATER
Elle se classerait dans le groupe de tête dans quelques secteurs (en matière de Valeur Ajoutée produite) :
Place des Normandies dans les régions françaises pour la production de Valeur Ajoutée par activité industrielle en 2005
| Secteur d’activité | Basse-Normandie | Haute-Normandie | Grande Normandie |
|---|---|---|---|
| Construction | 16 | 12 | 7 |
| Industries agricoles et alimentaires | 15 | 18 | 6 |
| Industries des biens de consommation | 20 | 7 | 5 |
| Industrie automobile | 10 | 7 | 4 |
| Industries des biens d'équipement | 18 | 11 | 8 |
| Industries des biens intermédiaires | 19 | 9 | 4 |
| Energie | 12 | 4 | 3 |
| Total Industrie | 19 | 7 | 3 |
Sources : données INSEE 2005, traitements et réalisation : Edater
Évaluation des effets d’une fusion de la Région HauteNormandie et de la Région BasseNormandie
Le secteur tertiaire, un rayonnement plus limité
Poids des différentes régions dans les secteur tertiaire (hors île de France)
taille du cercle: part de la région dans la production du secteur d'activité
Valeur ajoutée produite en 2005(millions d'€)
120 000 100 000 80 000 60 000 40 000 20 000 0
| Rhône-Alpes; 9,3% | |
| PACA; 7,6% | |
| Pays de la Loire; 4,6% | |
| HBN; 4,2% | Nord-Pas-de-Calais; 5,0% |
| Centre; 3,4% Basse-Normandie; 1,8%Haute-Normandie; 2,4% | |
|
|
Nombre d'emplois salariés dans le secteur
Alsace
Aquitaine
Auvergne
Bourgogne
Bretagne
Centre Champagne-Ardenne Corse Franche-Comté Ile-de-France Languedoc-Roussillon Limousin Lorraine Midi-Pyrénées Nord-Pas-de-Calais Pays de la Loire Picardie Poitou-Charentes PACA Rhône-Alpes Basse-Normandie Haute-Normandie HBN
Source : INSEE 2005, UNISTATIS 2005 -Traitement : EDATER
La Grande Normandie se positionnerait 7ème région Française pour la production de richesse dans le secteur tertiaire. Cependant, elle ne présente ici qu’un seul véritable domaine d’excellence: les activités de transport, pour lesquelles elle se placerait au 4ème rang.
Le graphique ci-dessus montre qu’il est plus difficile d’identifier des « grappes de régions ». Ces dernières se distribuent sur une ligne quasiment continue. Les effets de seuils sont moins lisibles. En effet, une part importante des activités tertiaires correspond à ce que l’on dénomme communément « l’économie résidentielle », c'est-à-dire la production de services à destination de la population locale.
La production de ce secteur apparaît donc plus « mécaniquement » liée à la taille de la région (le nombre d’habitants et les revenus dont ils disposent).
Évaluation des effets d’une fusion de la Région HauteNormandie et de la Région BasseNormandie
Place des Normandies dans les régions françaises pour la production de Valeur Ajoutée dans les activités tertiaires en 2005
| Secteur d’activité | Basse-Normandie | Haute-Normandie | Grande Normandie |
|---|---|---|---|
| Commerce | 17 | 16 | 8 |
| Transports | 20 | 7 | 4 |
| Activités financières, activités immobilières | 18 | 14 | 8 |
| Services aux entreprises | 17 | 13 | 9 |
| Services aux particuliers | 14 | 16 | 7 |
| Education, santé, action sociale, administration | 17 | 13 | 7 |
| Total Tertiaire | 17 | 13 | 7 |
Sources : données INSEE 2005, traitements et réalisation : Edater
L’agriculture : le point fort bas Normand
Dans le domaine agricole, la Grande Normandie présente un niveau moyen : elle se positionne 13ème pour la production agricole et 10ème pour les activités de transformation. Ce positionnement tient principalement à la Basse-Normandie qui compte parmi les premières régions de France dans ce secteur d’activité.
| Secteur d’activité | Basse-Normandie | Haute-Normandie | Grande Normandie |
|---|---|---|---|
| Agriculture, sylviculture, pêche | 4 | 15 | 11 |
| Industries agricoles et alimentaires | 7 | 15 | 8 |
Source : INSEE 2005 ; traitement EDATER
Des convergences et des complémentarités
L’analyse de l’évolution du PIB des deux régions par secteur montre des rapprochements en cours :

Transports
Sources : données INSEE 2005, traitements et réalisation : Edater
Agriculture, sylviculture, pêche
Transports
Sources : données INSEE 2005, traitements et réalisation : Edater
Parallèlement certaines spécialisations internes au territoire tendent à se renforcer :
18
Évaluation des effets d’une fusion de la Région HauteNormandie et de la Région BasseNormandie
En synthèse, on pourrait les caractériser de la manière suivante :
| Economie/Espace | Basse-Normandie | Haute-Normandie |
|---|---|---|
| Agriculture | Elevage | Intensive |
| Industrie | PME | Grands établissements |
| Urbanisation | Poids marqué du rural | Poids marqué de l’urbain |
On peut interroger ce tableau de deux façons au regard d’une éventuelle fusion.
L’addition de ces différences nécessiterait de prendre en compte pour chaque politique publique les actions à conduire pour viser l’harmonisation des actions à entreprendre.
Une seule entité permettrait aussi de voir la différence des positionnements comme des complémentarités possibles. La diversification des économies permettrait de réduire les risques liés à une spécialisation trop accrue sur des secteurs connaissant parfois des difficultés (certains secteurs industriels notamment) 16.
Globalement, la grande Normandie se classerait 3ème pour la production industrielle, 7ème pour les activités tertiaires et 7ème pour la production agricole.
Le tableau suivant présente de manière synthétique les gains de masse associés à la fusion :
16 Une analyse détaillée des complémentarités sectorielles est présentée en annexe
Évaluation des effets d’une fusion de la Région HauteNormandie et de la Région BasseNormandie
Place des Normandies dans le cortège des régions françaises
| Domaine | Basse-Normandie | Haute-Normandie | Grande Normandie | |
|---|---|---|---|---|
| Population (2005) | 17 | 14 | 6 | |
| Croissance démographique (9905) | 15 | 13 | 14 | |
| Densité de population | 12 | 5 | 12 | |
| PIB (2005) | 18 | 13 | 6 | |
| Croissance du PIB (1995-2005) | 18 | 15 | 15 | |
| PIB / habitant (2005) | 16 | 8 | 10 | |
| Nombre d’emplois salariés (2005) | 17 | 13 | 6 | |
| Evolution de l’emploi (95-05) | 11 | 16 | 13 | |
| Nombre d’EMS sur population totale (99) | 21 | 15 | 12 | |
| INDUSTRIE (2005) | V.A. | 19 | 7 | 3 |
| Emploi | 19 | 9 | 5 | |
| TERTIAIRE (2005) | V.A. | 17 | 13 | 7 |
| Emploi | 17 | 13 | 6 | |
| AGRICULTURE (2005) | V.A. | 16 | 19 | 7 |
| Emploi | 12 | 16 | 6 | |
20
SYNTHESE
Globalement, l’assemblage des deux régions en une Grande Normandie génèrerait d’importants effets de seuils :
6ème ensemble démographique et économique français (après PDL, avant Bretagne et Aquitaine),
des complémentarités sectorielles (énergie, automobile, transport mais aussi agricole et touristique) qui se traduisent par une image globale de diversification de l’économie sans toutefois remettre en cause les spécificités territoriales.
Mais aussi l’addition de fragilités qui témoignent d’un déficit d’attractivité
au plan démographique comme économique, la Grande Normandie enregistre des évolutions modestes, voire négatives (solde migratoire),
une carence des emplois métropolitains supérieurs que ne compense pas l’échelon Grande Normandie.
Évaluation des effets d’une fusion de la Région HauteNormandie et de la Région BasseNormandie
APPROCHE METHODOLOGIQUE
Avec la fusion des deux régions normandes, l’échelle de la future structure administrative d’une grande région normande connaîtra d’importantes évolutions. Afin de mieux les identifier, il est important de réaliser une analyse comparative de la situation actuelle à deux niveaux :
-une comparaison de la situation actuelle entre la Haute-Normandie et la Basse-Normandie : celle-ci a été réalisée sur la base d’un questionnaire adressé aux directeurs des ressources humaines et des directeurs des finances des deux Régions et décomposé en quatre grandes parties (les principales recettes des deux Conseils Régionaux : fiscalité locale directe, dotations,… ; les principales dépenses : en fonctionnement, en investissement par grands domaines de politiques publiques ; les effectifs : par catégorie, niveau d’encadrement… ; le mode de management : relations élus / services, régimes indemnitaires…). Des difficultés ont cependant été rencontrées dans le recueil de ces informations. Cela est essentiellement dû au fait que l’approche retenue privilégiait une ventilation par grandes politiques et non en fonction de la nomenclature comptable M71 comme l’aurait proposé la direction des finances ou une approche organisationnelle comme l’aurait fait la Direction des Ressources Humaines.
-une comparaison entre toutes les régions françaises et la nouvelle Normandie : l’analyse réalisée est fondée sur les budgets prévisionnels 200617. Les données présentées sont issues des enquêtes réalisées par l’Association des Régions de France.
Le scénario « de référence » de la nouvelle Normandie se limite pour le moment à la simple addition des situations actuelles de la Haute-Normandie et la Basse-Normandie. Par la suite, dans le cadre de l’évaluation des impacts de la fusion, des scénarios plus élaborés prenant en compte un certain nombre de paramètres d’évolution seront présentés.
En matière de recettes, l’analyse se concentrera sur les recettes de fiscalité directe. En effet, dans le cadre d’une éventuelle fusion entre les deux régions, seules ces recettes représentent un véritable levier d’action pour les collectivités. Les dotations, a contrario, sont une source de recettes sur lesquelles les collectivités n’ont aucune marge de manœuvre et en cas de fusion leur attribution continuerait à s’appliquer en fonction des mêmes critères définis par l’Etat.
Quant à la TIPP, elle n’est pas prise en compte à ce stade, car d’une part le pouvoir de modulation du taux est faible et d’autre part cela n’est possible que depuis l’année 2007, alors que l’analyse de la fiscalité se concentre sur les années 2004 à 2006.
17 La comparaison des budgets entre les différentes régions françaises a été réalisée à partir des budgets prévisionnels 2006, au début de l’étude en juin 2006, à un moment où les comptes administratifs 2006 des régions n’étaient pas encore disponibles.
Évaluation des effets d’une fusion de la Région HauteNormandie et de la Région BasseNormandie
La fiscalité directe des deux régions
Ce premier tableau récapitulatif montre l’évolution des bases, des taux et des produits des taxes professionnelles, du foncier bâti et du foncier non bâti pour les deux régions normandes sur les années 2004, 2005 et 2006.
A titre indicatif les taux 2007 ont été ajoutés.
L’objectif de cette analyse est d’identifier les évolutions des taux et des produits afin d’en tenir compte dans le cas d’un rapprochement entre les deux régions.
Cela est notamment important concernant les taux, car des écarts importants entre les deux régions risquent, en cas d’harmonisation, d’impacter fortement certaines strates de contribuables locaux.
La taxe professionnelle
Taux de taxe professionnelle (en %) Produit de taxe professionnelle (en €)
3,20%
100 000 000 2,80% 2,60% 80 000 000
Évaluation des effets d’une fusion de la Région HauteNormandie et de la Région BasseNormandie
Produit de TP par habitant
65,00
60,00
Haute Normandie
Basse Normandie
Si le taux de TP reste relativement proche entre les deux régions, le taux de la Basse-Normandie connaît une augmentation depuis 2004 alors que le taux de la Haute-Normandie reste stable depuis 2005.
Par ailleurs, les deux régions connaissent une croissance de leur produit. Si dans le cas de la Basse-Normandie cela s’explique par une augmentation du taux, dans le cas de la Haute-Normandie cela s’explique par une croissance des bases due au dynamisme des investissements des entreprises dans cette région.
Il est important aussi de noter que malgré la hausse des taux en Basse-Normandie, le dynamisme des bases de la Haute-Normandie fait que le montant total du produit de TP reste supérieur en Haute-Normandie.
Par ailleurs, le produit de TP représente environ 10% de l’ensemble des recettes, pour chacun des deux Conseils régionaux.
La taxe sur le foncier bâti
Taux de taxe foncier bâti (en %) Produit de taxe foncier bâti (en €)
5,60%
5,20%
4,80%
4,40%
4,00%
Évaluation des effets d’une fusion de la Région HauteNormandie et de la Région BasseNormandie
Produit de TFB par habitant
Comme pour la TP, les taux de TFB sont proches mais divergents en termes d’évolution entre les deux régions : stabilité pour la Haute-Normandie et augmentation pour la Basse-Normandie.
En termes de produit la situation est aussi similaire à celle de la TP. Les deux régions connaissent une croissance de leur produit qui pour la Basse-Normandie est due à la hausse des taux alors que dans le cas de la Haute-Normandie il s’agit d’une croissance des bases due au dynamisme des constructions immobilières.
Comme pour la TP, la hausse des taux de TFB en Basse-Normandie ne suffit pas à rattraper le dynamisme des bases de la Haute-Normandie et le produit de TFB de cette dernière reste toujours plus élevé que celui de la Basse-Normandie.
Par ailleurs, le produit de TFB ne représente qu’entre 5 et 7 % de l’ensemble des recettes, pour chacun des deux Conseils régionaux.
La taxe sur le foncier non bâti
Taux de taxe foncier non bâti (en %) Produit de taxe foncier non bâti (en €)
10,00% 8,00% 6,00% 4,00% 600 000 500 000 400 000 300 000
CA 2004 CA 2005 CA 2006 BP 2007 CA 2004 CA 2005 CA 2006
Évaluation des effets d’une fusion de la Région HauteNormandie et de la Région BasseNormandie
Produit de TFNB par habitant
0,40
0,30
0,20
Haute Normandie
Basse Normandie
Les taux de TFNB sont beaucoup moins homogènes entre les deux régions, par rapport aux deux autres taux analysés. En revanche les bases étant beaucoup moins importantes dans les deux cas, le produit des deux régions est relativement le même.
Par ailleurs, le produit de TFNB représente une très faible part des recettes globales de chacun des deux Conseils régionaux : environ 0,4% pour la Haute-Normandie et 0,1% pour la Basse-Normandie
La pression fiscale
Cependant, il est tout de même important de nuancer cette analyse car il ne s’agit en aucun cas de la pression fiscale qui devrait, quant à elle, ramener le produit de fiscalité non pas aux habitants mais aux contribuables (articles) comme le montre le tableau suivant.
La fiscalité dans les régions françaises
Le graphique suivant montre une comparaison de la fiscalité des régions françaises en 2006. Il s’agit du produit de fiscalité locale aussi bien directe qu’indirecte. Le produit de la fiscalité est déduit en appliquant le taux déterminé par les élus régionaux aux bases fiscales de chaque taxe. Ne sont pas prises en compte d’autres types de recettes régionales comme les dotations qui sont des concours versés par l’Etat aux collectivités.
Évaluation des effets d’une fusion de la Région HauteNormandie et de la Région BasseNormandie
Recettes fiscalité BP 2006 (en millions €)
(Source ARF)
En matière de volume de recettes de fiscalité, il est intéressant de constater que si séparément les deux régions normandes se situent dans la moyenne des régions, une seule
ème
grande région se placerait en 5 position derrière l’Ile de France, Rhône-Alpes, PACA et Nord-pas-de-Calais.
Recettes de fiscalité directe par habitant BP 2006 (en €)
(Source ARF)
En revanche, ce même volume de fiscalité ramené au nombre d’habitants, montre qu’actuellement les deux collectivités sont parmi les régions où le poids de la fiscalité par rapport au nombre d’habitants est le plus important. D’ailleurs, si l’on tient compte exclusivement des régions continentales, la Haute-Normandie est en deuxième position.
27
Évaluation des effets d’une fusion de la Région HauteNormandie et de la Région BasseNormandie
Autres recettes
autres recettes
Haute Normandie Basse Normandie
Cette analyse permet de constater que les deux Conseils régionaux ont la même politique de gratuité en matière de permis de conduire.
Par ailleurs, le poids des principales dotations (DGF, DRES, ..) et de la TIPP (données 2006 pour une TIPP non encore modulable) est beaucoup plus important en Basse-Normandie (47% des recettes BP 2007) qu’en Haute-Normandie (40% des recettes BP 2007).
Les dépenses par segment de politique
| Haute Normandie | Basse Normandie | |
| POLITIQUES | Dépenses de fonctionnement Dépenses d investissement | Dépenses de fonctionnement Dépenses d investissement |
| Economie Formation Transports Qualité de vie Env. et dév. Durable Amén. du territoire Enseignement International | 47 320 744 62 409 079 3 750 047 8 017 673 49 866 487 91 506 932 19 656 262 23 951 013 168 537 781 5 249 159 18 493 028 8 991 240 3 107 575 5 121 077 564 078 52 113 | 38 362 877 92 494 457 2 888 214 10 726 462 32 666 686 39 488 131 20 333 884 29 754 940 119 050 227 3 648 208 15 975 207 11 574 175 2 750 300 5 061 963 1 755 147 115 387 |
Évaluation des effets d’une fusion de la Région HauteNormandie et de la Région BasseNormandie
Ce tableau récapitulatif montre la ventilation des dépenses des comptes administratifs 2006 au regard des segments de politiques retenus dans l’étude.
Il est important de préciser que ce découpage ne correspond pas au découpage des chapitres de la nomenclature comptable M 71 des régions. De ce fait, le périmètre d’un segment de politique peut légèrement varier d’une région à l’autre. Cet exercice de comparaison doit donc être pris avec précaution.
Les dépenses liées aux fonctions support sont exclues de cette approche par segment de politiques publiques et feront l’objet d’une analyse séparée.
Les dépenses de fonctionnement par politique
Dépenses fonctionnement par politiques
Haute Normandie Basse Normandie
Dans la section de fonctionnement, la formation professionnelle est la politique qui représente le plus de dépenses pour les deux Conseils régionaux.
Dans le cas de la Haute-Normandie l’enseignement se place en 2ème position et le transport en 3ème position alors que dans le cas de la Basse-Normandie l’ordre est inversé avec le transport d’abord puis ensuite l’enseignement.
Évaluation des effets d’une fusion de la Région HauteNormandie et de la Région BasseNormandie
Répartition des dépenses de fonctionnement Répartition des dépenses de fonctionnement Haute Normandie Basse Normandie
Transports Transports Amén. du territoire
Amén. du territoire 1%
Enseignement
7%1% 0% 15% 1%
Enseignement
1%
16%
EconomieEconomie
Formation
1%
Formation
Qualité de vie
Qualité de vie
Env. et dév. Durable
Env. et dév. Durable
6%
51%
International
International 14%
9%55%
A quelques écarts prés, le poids en % des dépenses de fonctionnement par segment de politiques est plus ou moins équivalent. A titre d’exemple, la formation représente 55% en Haute-Normandie et 51% en Basse-Normandie.
Les dépenses d’investissement par politique
Dépenses investissement par politiques
Haute Normandie Basse Normandie
| L’analyse | des | dépenses | d’investissement | par | politiques publiques | montre | une | réelle | |||||
|---|---|---|---|---|---|---|---|---|---|---|---|---|---|
| différence dans | les priorités 2006 des deux C | onseils régionaux. | |||||||||||
| Alors | que | la | Basse-Normandie | privilégie | nettement | la | politique | transport, | la | Haute- | |||
Normandie privilégie l’enseignement.
Ces résultats doivent être interprétés avec beaucoup de précaution. Ils représentent la photographie de l’effort d’investissement à un moment donné. Ils ne permettent pas d’identifier une volonté politique de long terme. A titre d’exemple, un important effort d’investissement peut être dû à la volonté de rattraper un retard et non pas forcément à une politique volontariste.
Évaluation des effets d’une fusion de la Région HauteNormandie et de la Région BasseNormandie
| Répartition des dépenses d'investissement | Répartition des dépenses d'investissement | |||||||||||
|---|---|---|---|---|---|---|---|---|---|---|---|---|
| Haute Normandie | Basse Normandie | |||||||||||
| 2% | Transports | 3% | Transports | |||||||||
| 12% | 3% | 4% | 0% | 30% | Amén. du territoire Enseignement Economie | 15% | 2% | 6% | 0% | Amén. du territoire Enseignement Economie | ||
| Formation | 48% | Formation | ||||||||||
| Qualité de vie | Qualité de vie | |||||||||||
| Env. et dév. Durable | Env. et dév. Durable | |||||||||||
| 4% | International | International | ||||||||||
| 20% | ||||||||||||
L’enseignement représente 45% des dépenses d’investissement des politiques de la Haute-Normandie alors que 48% de celles de la Basse-Normandie sont destinées au transport.
Le poids des autres segments de politiques est en revanche similaire pour les deux Conseils régionaux.
Les dépenses des fonctions supports
45%
6%
| Haute Normandie |
|
Basse Normandie | ||
| MOYENS GENERAUX | ||||
| Juridique Autres moyens généraux Finances Ressources humaines Informatique Patrimoine | 3 900 012 22 256 535 586 303 0 238 399 0 | 20 750 584 0 1 446 746 2 150 960 942 826 1 139 179 | 6 161 022 18 850 815 695 930 2 053 668 107 142 2 259 905 | 10 226 289 0 564 557 413 547 0 0 |
Comme pour les politiques publiques, la ventilation des dépenses des moyens généraux est faite à partir des éléments des CA 2006.
Comme pour la ventilation des dépenses par segments de politiques, il est important de préciser que le découpage des moyens généraux ne correspond pas au découpage des chapitres de la nomenclature comptable M 71 des régions. De ce fait, le périmètre de chaque enveloppe de moyens généraux peut légèrement varier d’une région à l’autre. Cet exercice de comparaison doit donc être pris avec précaution.
31
Évaluation des effets d’une fusion de la Région HauteNormandie et de la Région BasseNormandie
Haute Normandie Basse Normandie
L’analyse des dépenses de fonctionnement montre que les ressources humaines sont classiquement le premier poste.
Dépenses investissement moyens généraux
Haute Normandie Basse Normandie
En investissement, ce sont surtout les dépenses de l’enveloppe « finances » qui sont les plus importantes : il s’agit en partie de la dette qui représente un volume deux fois plus important pour la Haute-Normandie par rapport à la Basse-Normandie
Répartition des dépenses de moyens généraux Répartition des dépenses de moyens généraux Haute Normandie
Basse Normandie 2% 4% 4%
2%
Finances
6% 0% 5%
Finances
3%
Ressources humaines Ressources humaines
Informatique Informatique
Patrimoine
40% 42% 46%
Patrimoine
Juridique Juridique
Autres moyens Autres moyens généraux généraux
Pour les deux conseils régionaux les dépenses liées aux ressources humaines et aux finances correspondent à 86 -88% de l’ensemble des dépenses des moyens généraux.
Évaluation des effets d’une fusion de la Région HauteNormandie et de la Région BasseNormandie
Ce graphique montre que le scénario d’une simple somme des dépenses des deux régions normandes dans le cadre d’une fusion placerait automatiquement une grande région normande en 5ème position derrière les régions Ile-de-france, Rhône-Alpes, Nord-pas-de-Calais et PACA.
Dépenses par habitant BP 2006 (en €)
(Source ARF)
Par ailleurs, ces mêmes dépenses ramenées au nombre d’habitants, placent aussi bien les deux régions séparément qu’une grande région normande dans la moyenne des régions françaises.
Évaluation des effets d’une fusion de la Région HauteNormandie et de la Région BasseNormandie
HN
BN
| POLITIQUES | Nb. Agents | Nb. Agents |
| International Amén. du territoire Enseignement Env. et dév. Durable Autres DG + cabinet + directeurs Qualité de vie Economie Formation Transports | 13 9 75 41 71 37 9 3 44 8 | 24 19 20 39 40 14 18 9 42 0 |
| MOYENS GENERAUX | ||
| Ressources humaines Informatique Patrimoine autres moyens Juridique Finances | 16 21 12 22 15 27 | 21 19 13 38 16 25 |
Ce premier tableau récapitulatif ventile les effectifs par politiques et moyens généraux.
Il est important de préciser que ce découpage ne correspond pas à la logique organisationnelle de chacune des régions. De ce fait, le périmètre d’un segment de politique ou d’une fonction support peut légèrement varier d’une région à l’autre. Cela a forcement un impact sur la manière de comptabiliser les effectifs et sur l’approche adoptée qui peut être différente entre l’une et l’autre région. Cet exercice de comparaison doit donc être pris avec précaution.
Par ailleurs, cette analyse se base sur le nombre de postes existant au 31 décembre 2006. De ce fait, elle ne tient pas compte du transfert des agents techniciens et ouvriers de services (TOS : 1 599 en Haute-Normandie et 1 440 en Basse-Normandie) de l’Education Nationale. L’arrivée des nouveaux agents viendrait sur-pondérer les effectifs de la politique publique de l’enseignement dans chacun des Conseils régionaux ainsi que leur volume de masse salariale.
| Effectifs | HN | BN |
|---|---|---|
| TOTAL SANS TOS | 423 | 357 |
| TOS | 1599 | 1440 |
| TOTAL AVEC TOS | 2022 | 1797 |
En revanche, les scénarios d’évolution d’effectifs et de masse salariale (traités dans le point
Évaluation des effets d’une fusion de la Région HauteNormandie et de la Région BasseNormandie
La répartition des effectifs par politique publique
Personnel par politiques
Haute Normandie Basse Normandie
La ventilation des effectifs par politiques publiques montre une répartition très différenciée. Alors qu’en Haute-Normandie les effectifs sont en partie concentrés (prioritairement sur deux politiques publiques enseignement et formation et dans une moindre mesure l’économie et la qualité de vie), en Basse-Normandie les effectifs sont répartis de manière plus homogène mais avec un poids tout de même plus important pour l’économie et la formation.
Répartition des effectifs par politiques Répartition des effectifs par politiques Haute Normandie Basse Normandie
16% 21%
Le poids des effectifs par segments de politiques varie d’un Conseil régional à l’autre. Les quatre principales politiques en terme d’effectifs (enseignement, formation, économie et qualité de vie) représentent un poids très différent d’une région à l’autre : en Haute-Normandie elles représentent près de 88% des effectifs alors qu’en Basse-Normandie elles pèsent 62%.
La répartition des effectifs par fonction support
35
Évaluation des effets d’une fusion de la Région HauteNormandie et de la Région BasseNormandie
Haute Normandie Basse Normandie
La typologie des effectifs des fonctions support des deux Conseils régionaux est très proche, exception faite de la direction du patrimoine qui est relativement importante en Basse- Normandie. La catégorie « autres moyens » reste tout de même la plus importante avec des périmètres très hétérogènes entre les deux régions. Il s’agit globalement des effectifs liés à la logistique.
Répartition des effectifs par moyens généraux Répartition des effectifs par moyens généraux Haute Normandie Basse Normandie
Finances Finances
14% 19% 16%
Ressources humaines
24%
Ressources humaines
Informatique Informatique
19% 14%
Patrimoine Patrimoine Juridique Juridique
12% 13%
autres moyens autres moyens
11% 19% 29%
Le poids des effectifs des fonctions support est inégalement réparti entre les deux Conseils régionaux. En Basse-Normandie 29% des effectifs travaillent sur des tâches liées à l’activité patrimoine alors qu’en Haute-Normandie 24% sont consacrés à des tâches de « logistique ».
36
Évaluation des effets d’une fusion de la Région HauteNormandie et de la Région BasseNormandie
Le niveau d’encadrement des effectifs
Poids du personnel d'encadrement Haute Normandie
Nb. Agents plutôt sur tâches d’encadrement
13% Personnel encadré Personnel encadrant
Poids du personnel d'encadrement Basse Normandie
Personnel encadré Personnel encadrant
18%
82%
Une analyse de l’encadrement des effectifs montre que si le nombre d’agents d’encadrement est relativement le même, leur poids varie de manière plus importante. L’écart en nombre est de 10 agents alors que les agents d’encadrement pèsent 5% de plus en en Basse-Normandie ( 13% en Haute-Normandie contre 18 en Basse-Normandie).
La représentation syndicale
Évaluation des effets d’une fusion de la Région HauteNormandie et de la Région BasseNormandie
Haute Normandie
Elections professionnelles 2006 Comité technique Haute Normandie
SGPEN -CGT
FSU UNSA SUD CGT -Force ouvrière
Basse Normandie
FAFPT CFDT
Elections professionnelles 2006 Comité technique Basse Normandie
SGPEN -CGT
13% 19%
FSU UNSA
8%
SUD Sièges Comité technique
CGT -Force ouvrière
5
FAFPT CFDT
19%
4
6% 29%
3
2
1
0
Haute Normandie Basse Normandie
Les résultats des élections professionnelles de décembre 2006 montrent qu’en Haute-Normandie les syndicats SGPEN – CGT et CFDT sont les mieux représentés, tandis qu’en Basse-Normandie il s’agit de l’UNSA, de la CGT -Force ouvrière et du SGPEN –CGT.
Comparaison des frais de personnel avec les autres régions françaises
La comparaison des effectifs n’est pas faite en fonction du nombre de postes car il serait difficile d’identifier les ETP. Il est donc préférable de faire la comparaison en se basant sur une donnée plus homogène : les frais de personnel.
Évaluation des effets d’une fusion de la Région HauteNormandie et de la Région BasseNormandie
(Source ARF)
Ce premier graphique montre que sur les seules dépenses de personnel, une grande région normande se placerait en 5ème position toujours derrière les régions Ile-de-france, Nordpas-de-Calais, PACA et Rhône-Alpes.
Il est tout de même intéressant de constater aussi, que la région Rhône-Alpes, qui dans les autres comparaisons sur les recettes et les dépenses se situe généralement en deuxième position, passe ici en 4ème position.
Proportion de frais de personnel sur la totalité des dépenses BP 2006 (en %)
(Source ARF)
En revanche, la proportion de dépenses de personnel par rapport à l’ensemble des dépenses montre que une grande région normande se situerait parmi les régions les moins dépensières en la matière…
39
Évaluation des effets d’une fusion de la Région HauteNormandie et de la Région BasseNormandie
… tout en restant dans la moyenne des régions en ce qui concerne les dépenses de personnel, ramenées au nombre d’habitants.
janvier 2008
Évaluation des effets d’une fusion de la Région HauteNormandie et de la Région BasseNormandie
SYNTHESE
Concernant les recettes, il existe une différence de culture car les deux collectivités opèrent des choix différents en matière de fiscalité et de recours à l’emprunt :
� Plus particulièrement concernant la fiscalité, la Haute-Normandie table sur une stabilité des taux alors que la Basse-Normandie mise sur une hausse des taux. La comparaison avec les autres régions françaises montre que la Haute-Normandie se place en deuxième position des Régions de métropole en matière de recettes de fiscalité directe par habitant ce qui expliquerait en partie la stabilité des taux alors que en Basse-Normandie, les bases et les produits fiscaux étant moins importants, la collectivité joue sur la hausse des taux.
Concernant les dépenses, il existe une certaine homogénéité entre les deux régions à nuancer dans le domaine des dépenses d’investissement par politique publique où l’on constate des légères différences de priorités dans le poids des enveloppes budgétaires pour l’année 2006 :
Concernant les effectifs, la structure de répartition est globalement similaire tant au niveau des catégories d’agents qu’au niveau de l’encadrement (directeurs et chefs de service) mais avec des approches différentes dans la ventilation des effectifs par politique publique :
Évaluation des effets d’une fusion de la Région HauteNormandie et de la Région BasseNormandie
APPROCHE METHODOLOGIQUE
Le but de cette approche est de comprendre si les deux régions normandes forment un ensemble économique et territorial intégré ou au contraire disjoint.
La méthode retenue est l’analyse des flux, comme indice significatif de l’intensité des échanges entre les deux régions. Deux types de flux ont été analysés : les flux de personnes et les flux de marchandises.
Dans un premier temps ont été étudiés les flux entre les deux régions uniquement, à la fois globalement mais aussi infra-régionalement. Dans un second temps, les échanges avec les régions limitrophes ont également été examinés.
Cette approche permet de relativiser les flux entre les deux régions normandes et montre le cas échéant que chacune des deux régions est susceptible d’entretenir des relations tout aussi importantes avec d’autres régions situées dans le grand ouest français ou dans le grand bassin parisien.
Les flux domicile-travail
Haute-Normandie
| Origine/Destination | Nombre de personnes | % | |
| HAUTE-NORMANDIE HAUTE-NORMANDIE | • | 594 000 | 90 |
| HAUTE-NORMANDIE BASSE-NORMANDIE | • | 6 200 | 1 |
| HAUTE-NORMANDIE Autres régions | • | 61 500 | 9 |
| Total | 661 700 | 100 |
Source : INSEE, 2004 – Traitement EDATER
Basse-Normandie
| Origine/Destination | Nombre de personnes | % | |
| BASSE-NORMANDIE BASSE-NORMANDIE | • | 430 000 | 91 |
| BASSE-NORMANDIE HAUTE-NORMANDIE | • | 8 700 | 2 |
| BASSE-NORMANDIE Autres régions | • | 330 300 | 7 |
| Total | 769 000 | 100 |
Source : INSEE, 2004 – Traitement EDATER
Évaluation des effets d’une fusion de la Région HauteNormandie et de la Région BasseNormandie
Des flux inter-Normandies faibles
Ce que l’on nomme les flux réflexifs (flux dont la destination est la même que l’origine) représentent entre 90 et 91% de la totalité des flux domicile-travail18, ce qui correspond à une situation classique. Les salariés trouvent en grande majorité un emploi dans la région où ils résident.
Entre 2002 et 2004 (voir carte ci-dessous), on note une augmentation globale des flux qui correspond à la tendance générale sur l’hexagone et non à une intensification particulière dans ces deux régions.
Les dynamiques inter-départementales font apparaître des situations contrastées. Les échanges entre départements d’une même région sont toujours plus importants que lorsqu’ils se font entre deux régions différentes.
Des échanges plus conséquents avec d’autres régions limitrophes
En revanche, il est intéressant d’observer la ventilation des 10% restant (voir les deux cartes page suivante).
On constate tout d’abord qu’entre 1 et 2% des flux seulement interviennent entre la Haute et la Basse-Normandie, qui témoigne de la faiblesse des relations liées au marché de l’emploi.
On observe au contraire que 7 à 9% des flux s’opèrent avec d’autres régions mais selon des modèles différents :
18 Définition : les flux domiciletravail sont évalués par comparaison du lieu de résidence des actifs employés et du lieu d’exercice de leur activité, sur la base de la Déclaration Annuelle de Données Sociales produites par l’INSEE.
Évaluation des effets d’une fusion de la Région HauteNormandie et de la Région BasseNormandie
-dans le cas de la Haute-Normandie, l’essentiel du flux (5,9) se dirige vers l’Ile de France et révèlent les liens plus étroits entre ces deux régions ;
-dans le cas de la Basse-Normandie, le flux francilien représente 2,8% (ce qui est plus que le flux avec la Haute-Normandie) ; les autres flux se ventilent avec les autres régions limitrophes.
Évaluation des effets d’une fusion de la Région HauteNormandie et de la Région BasseNormandie
Les flux de marchandises
Haute-Normandie
| Origine/Destination | Tonnes | % | |
| HAUTE-NORMANDIE HAUTE-NORMANDIE | • | 43 900 | 63 |
| HAUTE-NORMANDIE BASSE-NORMANDIE | • | 3 900 | 5,5 |
| HAUTE-NORMANDIE Autres régions | • | 22 000 | 31,5 |
| Total | 69 800 | 100 |
Source : INSEE, 2004 – Traitement EDATER
Basse-Normandie
| Origine/Destination | Tonnes | % | |
| BASSE-NORMANDIE BASSE-NORMANDIE | • | 33 600 | 70 |
| BASSE-NORMANDIE HAUTE-NORMANDIE | • | 4 600 | 9 |
| BASSE-NORMANDIE Autres régions | • | 10 000 | 21 |
| Total | 48 200 | 100 |
Source : INSEE, 2004 – Traitement EDATER
Évaluation des effets d’une fusion de la Région HauteNormandie et de la Région BasseNormandie
Des partenaires économiques dans le cadre de relations inter-normandes qui demeurent modérées
La part des flux réflexifs est moins élevée ce qui est logique car les bassins de marchandise sont plus vastes. On observe un écart significatif entre les deux régions, la Haute-Normandie exportant sensiblement plus (37% contre 30% en Basse-Normandie).
Comme pour les flux domicile-travail, on note la relative modération des échanges entre les deux régions normandes, ce trait étant particulièrement accusé pour la Haute-Normandie dont la part des exportations en direction de la Basse-Normandie se limite à 5,5%. Toutefois, elles restent les deux partenaires principaux mais avec une avance limitée par rapport aux autres échanges.
L’évolution récente de ces flux inter-Normandies est contrastée : le transport de marchandises de la Basse à la Haute-Normandie a connu une augmentation de 4,7% entre 2002 et 2005, mais a diminué de près 10,4% dans le sens inverse19.
Chacune des régions s’insère dans des espaces économiques différenciés
Les deux régions privilégient les échanges de marchandises avec un large éventail de régions mais selon des logiques préférentielles différentes (voir cartes page suivante).
19 Ce mauvais résultat s’explique notamment par les difficultés rencontrées dans ce secteur par la BASSENORMANDIE au cours de cette période : entre 2002 et 2005, le tonnage de marchandises déchargé en BASSENORMANDIE a diminué de 17%
Évaluation des effets d’une fusion de la Région HauteNormandie et de la Région BasseNormandie
Globalement, la Haute-Normandie développe ses échanges prioritairement avec le bassin parisien, tandis que la Basse-Normandie s’insère plutôt dans le quart nord-ouest de l’hexagone.
Plus finement, on note que :
| - | 8,5% des flux de la Haute-Normandie se font avec l’Ile de France et 5,1% avec la |
| Picardie, | |
| - | 5% des flux de la Basse-Normandie se font avec les Pays de la Loire, 4,5% avec la |
| Bretagne et 4% avec l’Ile de France. |
La Basse-Normandie tournée vers l’espace Nord-Ouest
La Basse-Normandie est résolument tournée vers le quart Nord-Ouest. Sa structure économique est très proche de ces régions, alors qu’elle diffère largement de celles situées à l’Est -y compris la Haute-Normandie –. Ce faisant, ses échanges sont essentiellement orientés vers la partie Ouest du territoire Dans ce tableau des « orientations spatiales du développement économique », le rapport de la Basse-Normandie à la Haute-Normandie marque l’exception : les relations intenses se fondent sur les importantes complémentarités existant entre les régions.
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Une identité économique proche des régions du quart Ouest
Afin de définir quels sont les territoires « proches » de la Basse-Normandie on peut mener une analyse visant à identifier les proximités économiques entre régions. A cette fin, on construit généralement un indice de ressemblance qui permet d’identifier les régions présentant une structure de production proche de celle de la Basse-Normandie, et ce à deux niveaux : le PIB et l’emploi.
| Classement des régions françaises selon la proximité de leur PIB avec celui de la Basse-Normandie | |||
|---|---|---|---|
| 1 Poitou-Charentes 2 Bretagne 3 Aquitaine 4 Auvergne 5 Bourgogne | 6 Limousin 7 Midi-Pyrénées 8 Pays de la Loire 9 Picardie 10 Languedoc-Roussillon | 11 Centre 12 Nord -Pas-de-Calais 13 Lorraine 14 PACA 15 Haute-Normandie | 16 Champagne-Ardenne 21 Île-de-France 17 Franche-Comté 18 Alsace 19 Rhône-Alpes 20 Corse |
Source : INSEE 2005 ; traitement EDATER
Cette analyse20 – dont la carte ci-dessous offre une représentation graphique-confirme que les structures économiques hautes et bas-normandes sont dissemblables, la Haute-Normandie est 15ème région française pour la proximité de son économie avec la Basse-Normandie. D’une manière générale, son économie est très différente des régions du quart Nord-Est : Picardie (9ème), Nord Pas de Calais (12ème), Champagne Ardennes (16ème)
Cette dernière s’insérerait davantage dans l’espace économique « Bretagne – Pays de la Loire – Centre », la Bretagne étant la deuxième région la plus proche de la BASSENORMANDIE en matière de structure du PIB.
20 L’indice de ressemblance permet d’identifier les zones qui ressemblent le plus à la zone étudiée en terme de structure productive. Ici, on compare l’importance des écarts existants dans la structure sectorielle du PIB (réparti en 14 postes) entre la BasseNormandie et les autres régions de France métropolitaine. Plus cet indice est faible, plus les zones sont semblables. Plus il est élevé, plus les zones sont différentes.
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La même analyse menée au niveau de la structure de l’emploi confirme la ressemblance avec la Bretagne (la 2ème région la plus proche de la Basse-Normandie), ainsi que la différence avec la Haute-Normandie. Les divergences avec les régions situées à l’Est (Picardie notamment) s’affirment de manière légèrement plus forte au niveau de l’emploi que du PIB.
Évaluation des effets d’une fusion de la Région HauteNormandie et de la Région BasseNormandie
Qui stimule les échanges avec cette partie du territoire ?
Comprendre si ce sont davantage les différences ou les similitudes qui génèrent les échanges et mieux cerner ainsi la capacité d’intégration des espaces économiques est une question récurrente au sein des théories du commerce international21 et a suscité une
21 Globalement deux approchent s’opposent. La première, issue de la théorie des avantages comparatifs de Smith et Ricardo, explique l’échange par les différences, générant des complémentarités (modèle HeckscherOhlinSamuelson ) . La seconde approche, d’inspiration plutôt keynésienne constate que les pays qui échangent le plus entre eux (pays de l’OCDE) présentent des structures économiques très proches. La majeure partie de ces théories expliquent alors l’échange par la